« Même l’hérétique reste citoyen » (Michel de L’Hospital 1561) Les traditions républicaines face aux fascinations pour les martyres, avec Olivier Christin, directeur du Centre européen d’études républicaines.

 

Présentation :

Régulièrement, l’actualité nous met en présence d’affaires, de discours de campagne ou de simples prises de position d’acteurs de la vie politique qui convoquent, des expressions, des concepts et des ressources argumentatives que l’on pourrait a priori croire déplacés ou anachroniques, curieusement mal ajustés par rapport aux enjeux ou à la position de ceux qui les sollicitent, insolites parfois. C’est le cas des « apologies du terrorisme » récentes attribuées à deux acteurs aussi opposés que Eric Zemmour et Jean-Marc Rouillan (ex Action Directe) ou des éloges de la politique comme « don de soi » ou sublime sacrifice que l’on trouve sous la plume de Nicolas Sarkozy, de Marine Le Pen et de nombreux parlementaires qui emploient l’expression dans leurs journaux électoraux et leurs blogs.

 

L’objet de ce séminaire d’actualité critique est de revenir sur cette conception sacrificielle de la politique et de la confronter aux textes  philosophiques et historiques qui en ont été le lieu de leur formulation la plus aboutie – Tite-Live et Ciceron, saint Augustin et saint Thomas, Machiavel – pour comprendre ce que ces affaires nous disent des conceptions de la République qui s’y affrontent.

Olivier Christin, directeur du Centre européen d’études républicaines

 

Pour aller plus loin :

 

1. « Apologie du terrorisme » : les affaires Rouillan et Zemmour

2. La politique comme dévouement, engagement, sacrifice : un topos pour dire quoi ? Trois discours contemporains, et celui de Machiavel.