Actualité Critique

Séances ouvertes à tou-te-s tous les jeudis de 17h30 à 19h30, en salle des Actes.


Ce séminaire vise à aborder des sujets très divers et ouverts de l’actualité brulante et critique. En sciences humaines comme en sciences dites « dures », la recherche, les discours et les événements font apparaître sans cesse de nouvelles interrogations techniques, politiques, sociales, philosophiques, éthiques… auxquelles il nous manque souvent de nombreux éléments pour se forger une pensée. C’est à cette impuissance que ce séminaire tentera de se confronter.

Le séminaire se destine à établir, au vif de l’actualité, la cartographie des discours actuels. Il vise à répondre à la question : comment nous parle-t-on ? D’où viennent ces mots qui caractérisent les faits, comment mettre à jour les grilles d’intelligibilité de cette actualité qui nous traverse, nous affecte et compose notre paysage quotidien, sans que la temporalité médiatique, ininterrompue et hâtive, ne nous permette de prendre prise – une prise intellectuelle, critique et réflexive – sur les événements ?
Comment comprendre le progrès technique et le rôle des scientifiques aujourd’hui dans la société? Comment se positionner face aux évènements politiques et à la conjoncture économique? Quels mots utiliser pour caractériser notre époque dans ce brouhaha d’informations, de discours et d’événements? Autant de questions auxquelles ce séminaire tentera de donner des éléments de réflexion.

Organisation du séminaire :
Sur la base de suggestions des participant.e.s, un comité éditorial définit une séquence de 6 sujets, divers et variés, définissant 6 séances:
à chaque séance, la première partie consiste en un enchaînement de plusieurs courts exposés ; les intervenant.e.s usent des outils propres à leur champ de recherche et d’action en sciences et sciences humaines (sociologie, philosophie, droit, littérature, histoire mais aussi biologie, sciences de la terre, physique, sciences cognitives.. etc) afin d’éclairer la thématique choisie.
La seconde partie donne l’occasion d’un débat entre les intervenant.e.s et l’assemblée ; chacun.e est invité.e à proposer à la lecture un texte de presse, à lancer une question, ou à interpeller l’un.e des intervenant.e.s.
A la fin de séquence de 6 séances, une séance de restitution vise à proposer un moment réflexif sur les différentes sujets abordés et sur l’évolution générale du séminaire. Y participer activement permet la validation du séminaire.

Alors, avant même de vous rendre en salle des Actes, et afin de mieux comprendre les objectifs de ce séminaire, nous vous proposons quelques pistes de définition et de réflexion:

Qu’est-ce-que l’actualité critique ?
L’actualité critique se définit par une forme double :
– D’un côté : utiliser les outils de la pensée critique pour approfondir un aspect de l’événement mis en jeu
– De l’autre côté: critiquer les médias qui créent l’événement. Se saisir de la nécessité d’un dévoilement des procédés par lesquels différentes institutions médiatiques informent les faits – au sens propre : les produisent, leur donnent un certain sens, une orientation, les modèlent et les structurent. Il s’agit de mettre au jour les effets des images et des mots que nous recevons sur la représentation et l’organisation des faits; mais aussi de pointer les choix qui commandent les cadrages médiatiques, leurs affinités ou leur discordance avec les lieux du pouvoir. En tenant un discours sur les médias, il nous faut tenter de mieux comprendre comment l’information nous politise ou non, comment la publicité de l’actualité modifie notre rapport au monde.

De par la double mise à distance qu’elle opère, l’actualité critique permet de comprendre les procédés par lesquels un événement est construit. Elle rejoint ainsi pleinement le projet critique de formaliser les divers procédés par lesquels un fait est donné à voir. Dans son projet de mettre à nu la généalogie constitutive des événements et du déploiement médiatique qui l’accompagne, la critique est une attitude épistémologique fondamentalement émancipatrice pour qui s’y emploie.

A cet égard, il convient de s’en référer à la définition de l’attitude critique proposée par Foucault dans sa conférence intitulée « Qu’est-ce que la critique ? » :
« En face, et comme contrepartie, ou plutôt comme partenaire et adversaire à la fois des arts de gouverner, comme manière de s’en méfier, de les récuser, de les limiter, de leur trouver une juste mesure, de les transformer, de chercher à échapper à ces arts de gouverner ou, en tout cas, à les déplacer, au titre de réticence essentielle, mais aussi et par là même comme ligne de développement des arts de gouverner, il y aurait […] une sorte de forme culturelle générale, à la fois attitude morale et politique, manière de penser, etc., et que j’appellerais tout simplement l’art de n’être pas gouverné ou encore l’art de ne pas être gouverné comme ça et à ce prix. Et je proposerais donc, comme toute première définition de la critique, cette caractérisation générale : l’art de n’être pas tellement gouverné. »

A très bientôt en Salle des Actes,
L’équipe d’organisation du Séminaire d’actualité critique.